J’ai choisi la vie
C’est bien connu, « l’essentiel, c’est d’avoir la santé ». Comme s’il s’agissait d’un dû. Christ Seul choisit ce mois d’aborder le sujet de la souffrance. Parler de maladie et de douleurs n’est pas très porteur. Les progrès de la médecine moderne donnent l’impression qu’on peut tout soigner, voire guérir… Or c’est loin d’être le cas.
Nous aimerions que la foi soit une espèce de « recette miracle » qui permet d’éviter les souffrances. Mais ce n’est pas ainsi que la Bible nous en parle. C’est même parfois le contraire, avec un autre horizon. Si une guérison miraculeuse ne convainc pas facilement les sceptiques, l’attitude de foi paisible d’une personne traversant des périodes de souffrance interpelle nos contemporains.
Un film sorti en 2014 porte le titre Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? La même interrogation sort parfois de la bouche de celles et ceux qui sont malades ou victimes d’accidents. Sous-entendu, s’il nous arrive un malheur, c’est peut-être qu’on l’a mérité ; il doit y avoir une raison. Et pourtant…
Même s’il est difficile à accueillir ou à accepter, le mal sous toutes ses formes a fait intrusion dans notre monde, dans notre quotidien. Comment y faire face ? Il existe diverses options, de l’acceptation confiante à la révolte, voire le déni, parfois en passant par ces phases successives, dans un sens ou un autre. Remettre sa vie à plat, repenser les priorités et les possibilités dans une « nouvelle normalité »
représente un défi.
Lady Slamenco, une croyante courageuse, décédée d’un cancer à 24 ans à Lausanne, déclamait ceci :
« Voir le verre à moitié plein, c’est pas qu’un trait de caractère, c’est le choix de chacun qui permet l’extraordinaire. Profite de ta santé, mais si t’es malade sois pas aigri. Ce qu’on t’a donné a aussi le droit d’être repris (…) Dans la vie, rien ne t’est dû, mais ce que tu as est un cadeau (…)
Moi, j’ai choisi de pas vivre dans le drame et de prendre chaque jour avec passion, pour que la route soit plus belle dans ses pénibles tronçons. Parfois me plaindre semblerait légitime, pleurer pleine d’amertume, me comporter en victime. Mais c’est cette sombre spirale qui me rendrait aigrie, alors pour être heureuse, j’ai choisi la vie. Pour m’enthousiasmer à pleines dents, et croquer dans chaque minute, j’ai lâché mes rêves au vent et accepté l’incertitude. »